Plan d'action

Note Synthétique Relative à La Stratégie de mobilisation en faveur de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger


 1- Le contexte


L’intérêt des autorités, au plus haut niveau de la hiérarchie de l’Etat, pour la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger est une constante de la politique nationale. Cet intérêt se décline sous diverses formes, parfois dictées par la conjoncture, avec toutefois un fil conducteur constant : la volonté de ne jamais « perdre de vue » cette Communauté. Aujourd’hui, les mutations profondes et significatives qu’a connues cette Communauté imposent une autre nouvelle approche stratégique pour la prise en charge de ses spécificités, ses préoccupations et ces problématiques.

 

1.1- Au plan démographique


 Avec ses quelques 3.300.000 ressortissants, la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger représente plus de 10% de la population totale du pays, et surtout a évolue à un rythme jamais constaté par le passé, enregistrant une hausse voisine de 100% en une seule décennie. Cet aspect à lui seul génère une multitude de contraintes (organisationnelles, financières, …) auxquelles il est difficile de faire face convenablement. 

Concomitamment à cette augmentation vertigineuse, l’émigration de la CMRE est devenue multiforme, massive, générale et continue. Elle s’est, à la fois, généralisée à tous les profils professionnels, implique fortement les deux sexes, tous les âges avec une proportion croissante de jeunes nés à l’Etranger, porte sur toutes les régions du Maroc, comme elle s’est « globalisée » en concernant les cinq continents du Globe. Avec toutefois une forte concentration dans 5 pays de l’Union Européenne : la France, les Pays Bas, la Belgique, l’Italie et l’Espagne, qui regroupaient à eux seuls 77% de la CMRE en 2004.

 

1.2- Au plan économique


Une évolution toute aussi remarquable de la CMRE concerne sa contribution à l’économie nationale, davantage visible à travers les transferts de fonds. Ces derniers ont enregistré une évolution spectaculaire au cours des  dix dernières. Ils sont passés de l’ordre de 20 milliards de dhs en 1998 à plus de 57 Milliards de dhs en 2007 avec parfois des taux  d’augmentation élevés, voire très élevés comme ce fut le cas en 2000 (+20,8%) et 2001 (+60,5%).

 

En termes macroéconomiques, ces transferts représentaient, en 2005, 9% du PIB, 296% des investissements directs étrangers au Maroc, et 704% de l’aide publique au développement reçue par la Maroc, nonobstant leur impact sur la balance des paiements, les dépôts des banques, la cohésion sociale et la solidarité. Ils constituent donc, de ce fait, un enjeu crucial pour la stabilité et le développement économique, social, humain et politique du pays tout entier.


L’impact des transferts des MRE sur l’équilibre des échanges commerciaux et avec l’Extérieur prend une importance significative, car c’est grâce à ces transferts que la balance des paiements enregistre un solde net positif  de 18,857 milliards de dhs qui se transformerait, sans les transferts des MRE, en un solde négatif de 36,269 milliards de dhs compte tenu du déficit de la balance commerciale de 138,83 milliards de dhs.

 

Les transferts des MRE constituent aujourd’hui la première source de devises pour le pays et se placent devant les recettes de voyage qui bénéficient pourtant d’une attention particulière des Pouvoirs Publics.

 

L’importance, pour l’économie nationale, des transferts financiers des MRE s’apprécie également à travers leur comparaison avec quelques produits phares des exportations et des importations.

 

Par ailleurs, l’importance, pour l’économie nationale de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger apparaît également à travers l’intérêt croissant que lui portent les institutions internationales comme l’Organisation des Nations Unies  dans le cadre de son « Dialogue de Haut Niveau sur les Migrations et le Développement » et les banques multilatérales comme la Banque Mondiale, la Banque Africaine de développement ou le Fonds international pour le développement Agricole (Le FIDA), qui considèrent tous aujourd’hui les migrants comme acteurs essentiels pour le développements de leurs pays d’origine et tentent d’en cerner les problématiques et mettre en place des mécanismes efficaces.


 1.3-Au plan des ressources humaines et des compétences


Au plan socioprofessionnel, une autre catégorie de MRE commence à prendre de l’ampleur, qualitativement et en nombre. Il s’agit des Marocains résidant à l’Etranger, disposant de formations universitaires de haut niveau et qui occupent des positions avancées dans les entreprises des pays d’accueil, au sein de plusieurs sociétés multinationales ou d’organisations internationales, ou jouant un rôle politique avancé dans leurs pays de résidence. Cette frange de la CMRE pourrait aussi offrir des opportunités d’investissements et de transfert d’expertises importantes pour l’économie nationale, comme elle pourrait, moyennant des politiques appropriées, constituer de puissants relais de la diplomatie parallèle à l’extérieur.
Sur le plan identitaire et de citoyenneté, la CMRE exprime aujourd’hui ouvertement son aspiration à jouir pleinement de ses droits civiques et politiques, par une véritable réintégration dans le processus de gouvernance politique et la participation dans les instances élues. Ces « Marocains d’ailleurs » veulent être autrement qu’une simple « identité bancaire ».  
De leur côté, les pays d’accueil la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger posent de plus en plus ouvertement la question de l’intégration de cette population. Laquelle intégration, si elle est faite selon les standards et politiques des pays de résidence, risque, à terme de couper la communauté de son pays d’origine avec toutes ses conséquences.

Ce contexte, sans doute non exhaustif, milite en faveur de la conception et de la mise en œuvre d’une politique volontariste et intégrée, en faveur de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger. Cette politique devra embrasser tous les aspects de la vie quotidienne de cette Communauté et devra concilier l’enracinement dans les pays d’accueil sans le déracinement du pays d’origine. Il s’agit de construire une vision de la diaspora marocaine, capable d’absorber les mutations de toute nature sans que l’identité marocaine ne soit amenée à en souffrir.

 

C’est « la vision 2012 de l’émigration », élaborée en partenariat avec tous les intervenants dans la gestion des affaires de la CMRE et prenant en considérations les avis et recommandations des intéressés eux-mêmes à travers leurs structures représentatives et leurs associations en particulier.

 

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