La croissance se maintient, mais ralentit
22.02.2012
• Le HCP table sur un taux de 4,1% contre 4,8%
en 2011
• La demande intérieure reste le principal
moteur
• Le déficit de financement de l'économie
atteindrait 7,1% du PIB

Baisse de la demande adressée au Maroc, dégradation du taux de
couverture des importations par les exportations… pour cette année
le HCP table sur un ralentissement de la croissance qui serait de
4,1%. La demande interne et les investissements resteront les
principaux moteurs de cette
croissance.
Les perspectives économiques pour 2012 sont peu réjouissantes.
Elles sont marquées par la crise économique internationale et les
incertitudes géopolitiques avec tout l'impact qu'elles pourront
engendrer sur le cours des matières premières, en particulier celui
du pétrole.
Dans ce contexte marqué aussi par une campagne agricole qui
s'annonce «moyenne», le haut commissariat au plan, qui a tenu une
conférence de presse mercredi 15 février à Casablanca sur le budget
économique prévisionnel 2012 et les perspectives à l'horizon 2015,
s'attend à un ralentissement de la croissance. Celle-ci devrait
s'établir à 4,1% au lieu de 4,8% en 2011. Un scénario qui trouve
son explication dans la baisse de la demande qui serait adressée au
Maroc: elle évoluerait de 2,1% contre 5,6% en 2011.
Dans ses prévisions, le HCP s'appuie aussi sur les hypothèses du
projet de loi de Finances 2012. Il se base aussi sur une stabilité
des recettes du tourisme international et des transferts des MRE
ainsi qu'une reprise des investissements directs étrangers. Là, le
haut commissariat table sur une hausse de 10% contre une
baisse de 37,2% en 2011. Les statistiques de l'Office des changes
sur les IDE font, quant à eux, ressortir une baisse de 11,4% en
2011 hors opération d'acquisition en 2010 par France Télécom de 40%
du capital de Méditel auprès de la CDG et de Finance.com.
La demande intérieure restera le principal moteur de la croissance.
Elle contribuerait à hauteur de 5,4 points contre 4,8 points en
2011. Elle continuerait à bénéficier du soutien budgétaire des prix
à la consommation et d'une inflation maîtrisée. Celle-ci se
situerait à un niveau de 2,1% en 2012 contre 1,3% en 2011. Cette
hausse de la demande interne pourrait creuser les déficits
puisqu'elle se traduirait par de nouvelles augmentations des
importations. En tout cas, les prévisions renvoient à une
contribution négative des échanges extérieurs à la croissance du
PIB, soit 1,3 point du PIB.
Dans ce scénario, le HCP prévoit une détérioration du taux de
couverture des importations par les exportations. Ce ratio serait à
73% en 2012. Il dépend de la demande adressée au Maroc, laquelle
devrait se contracter en raison des difficultés économiques des
principaux partenaires. Il renvoie aussi à la nature de l'offre
exportable qui reste concentrée sur des produits à faible valeur
ajoutée.
D'ailleurs, Ahmed Lahlimi, haut commissaire au plan, n'a pas manqué
d'attirer l'attention sur les limites du modèle économique en place
car son financement devient insoutenable. En 2012, les
besoins de financement de l'économie atteindraient 7,1% du PIB
contre 6,6% en 2011 et 4,3% en 2010.
L'année dernière est marquée par une amélioration de la
consommation finale plus forte que celle du PIB. Ce qui s'est soldé
par un recul de l'épargne intérieure de 2,2 points du PIB à 23%
contre 25,2% en 2010. Du coup, le taux d'épargne nationale est
tombé à 28,8% contre 30,8% du PIB en 2010. En parallèle,
l'investissement brut a légèrement augmenté.
L'Economiste