Investissement: La mauvaise surprise
27.01.2012
• Les IDE et prêts privés étrangers décrochent
de 35% en 2011
• Pour autant, la dynamique interne des
entreprises se maintient
• La FBCF et les crédits à l'équipement sont en
hausse

Les IDE restent concentrés dans le secteur immobilier. A fin juin
2001, ce secteur totalise 51% du total des investissements. Vient
ensuite l'industrie avec 16,7% des IDE. Ce secteur a néanmoins
enregistré une légère baisse de 3,5%.
Le marasme au niveau international a rattrapé le Maroc. Les
recettes des investissements directs et prêts privés étrangers ont
décroché de 35% en 2011 selon l'Office des Changes. Elles se sont
établies à 25,5 milliards de dirhams contre 39,2 milliards en 2010.
Le contexte régional conjugué à la crise internationale n'ont pas
épargné le pays alors que l'on s'attendait à ce qu'il s'en sorte
beaucoup mieux que ses concurrents au niveau de la région. L'Anima
(un réseau d'observation des IDE dans la Méditerranée) avait
d'ailleurs relevé que les investisseurs repoussent leurs projets
dans les pays arabes et en particulier là où des changements de
régime ont eu lieu ou sont en cours, Tunisie, Egypte, Libye et
Syrie. Et aussi chez leurs voisins proches: le Liban et la
Jordanie.

Les IDE ont ainsi reculé de 32% en Tunisie à fin novembre 2011, 34%
en Egypte au terme du deuxième trimestre 2011 et de 31% en Roumanie
à fin juillet 2011. En revanche, la Turquie reste le grand pôle
d'attraction dans la Méditerranée. Les IDE y ont progressé de 201%
à fin octobre 2011 avec 7,8 milliards de dollars d'investissements
dont 4,4 milliards dans la finance et l'intermédiation!
Au Maroc, la baisse des recettes est contre balancée par le recul
des cessions d'investissements étrangers:6,2milliards contre 24
milliards de dirhams en 2010. Les sorties de capitaux sont en
baisse dans un contexte marqué par la crise, ce qui n'empêche pas
la balance de paiement de continuer à plonger.
Les crédits à l'équipement ainsi que le niveau de la formation
brute du capital fixe (FBCF) sont d'autres indicateurs qui
renseignent sur le maintien de la dynamique interne des
investissements. Les premiers sont en hausse de 2,8%, alors que la
FBCF affiche une augmentation de 4,2% à fin juin 2011. « L'Etat,
les établissements publics et les entreprises installées continuent
d'investir. La baisse des IDE est beaucoup plus liée aux
difficultés des entreprises étrangères en raison de la morosité
ambiante que d'une perte de confiance dans le pays», explique Ahmed
Fassi Fihri, directeur de la Promotion des Investissements à
l'AMDI.
Cette morosité s'est d'ailleurs manifestée par une baisse
importante des investissements en provenance des principaux
partenaires du Maroc. C'est le cas particulièrement de la France
qui enregistre un recul de 1,03 milliard de dirhams de ses
investissements au Maroc au deuxième semestre 2011, soit une baisse
de 25%. En revanche, l'Espagne s'est maintenue au même niveau avec
près de 800 millions de dirhams investis, malgré la grave crise qui
frappe son économie.
Dans ce tableau peu réjouissant, l'on relève toutefois un retour en
force des investissements saoudiens: 1 milliard de dirhams au
premier semestre 2011. Ce pays est aujourd'hui le deuxième
investisseur au Maroc. L'Amdi table sur une arrivée plus importante
d'investisseurs arabes dans le prochains mois.
L'Agence, qui prévoie d'ouvrir une antenne à Londres, compte
poursuivre sa stratégie pour attirer les investissements. Celle-ci
se base sur la consolidation des investissements avec les
partenaires traditionnels et aussi sur la diversification. Elle
vise particulièrement l'Allemagne, les Etats-Unis et le Canada.
D'ailleurs, la convention d'investissement avec Bombardier devrait
être paraphée durant les prochaines semaines. En espérant que le
groupe joue le rôle de lièvre.
L'Economiste