Croissance 2012 revue à la baisse à cause de la crise ; Le projet de loi de finances sera modifié
03.02.2012
Révision à la baisse du taux de croissance pour 2012,
aggravation du déficit budgétaire pour 2011: les chiffres présentés
hier par le ministre de l'Economie et des finances, Nizar Baraka,
reflètent non seulement le maintien des subventions de l'Etat, la
hausse des cours des matières premières, mais aussi les retombées
de la crise qui frappe les pays de l'Union européenne.
Le ministre de l'Economie et des finances, Nizar Baraka, a affirmé
jeudi que "compte tenu de la conjoncture mondiale", le projet de
loi de finances pour l'année 2012 sera modifié.
Une conséquence de la conjoncture mondiale qui impactera
directement le taux de croissance au Maroc durant l'année 2012,
lequel ne dépassera pas 4,2% contre les 5,5% prévus. En présentant
tout récemment son programme au Parlement, le chef du nouveau
gouvernement, Abdelilah Benkirane, avait pourtant prévu un taux de
croissance de 5,5% sur la période 2012-16.
Les effets de la crise dans l'Union européenne
Selon Nizar Baraka qui s'exprimait avant la tenue du conseil du
gouvernement à Rabat, la croissance est revue à la baisse "à cause
de la conjoncture économique internationale ainsi que du recul dans
les pays partenaires, notamment l'UE".
Dans un contexte de crise, la croissance fléchit dans le monde et
la zone euro devrait connaître une probable récession en 2012. Or
la France et l'Espagne, deux pays très touchés par la crise, sont
les principaux partenaires commerciaux du Maroc.
Priorité à la création d'emplois et à l'investissement
M. Baraka a affirmé que dans le nouveau projet de loi de finances
pour l'année 2012, "la priorité sera accordée à la création
d'emplois et à la création de projets d'investissement, ainsi qu'à
la mise en place d'un Fonds de solidarité au profit des personnes
démunies, chargé de financer les programmes sociaux et contrôler
les équilibres macro-économiques et financières".
Aggravation du déficit budgétaire
Si au cours des cinq dernières années, le Maroc a connu une
croissance soutenue (autour de 4,5%), son déficit budgétaire a
cependant augmenté, pour s'établir autour de 6% en 2011.
Nizar Baraka impute l'aggravation du déficit budgétaire au
maintien des subventions de l'Etat et à la hausse des cours des
matières premières.
"Il est clair que nous avons un dépassement par rapport aux
objectifs annoncés. Nous sommes loin des 4% du mois d'octobre
2011".
L'aggravation du déficit est essentiellement liée, a-t-il
expliqué, au maintien de la consommation des ménages et des
subventions ainsi qu'à "l'effort consenti dans la cadre du dialogue
social pour assurer une paix sociale".
En contrepartie, a relevé le ministre, le Maroc dispose de
recettes fiscales "plus importantes que par le passé" et le
gouvernement est parvenu à rationaliser les dépenses de
fonctionnement.
Il a rappelé que le programme gouvernemental table sur la
réduction à 3% du déficit budgétaire à l'horizon 2016, précisant
que la vision de l'exécutif est "de parvenir à assurer une
meilleure richesse de l'Etat", à travers le développement de
mécanismes de solidarité, avec la mise en place du Fonds de
solidarité.
Cette politique est censée favoriser un meilleur ciblage des
transferts monétaires directs vers les personnes démunies,
encourager les activités génératrices de revenus et assurer un plan
pour les petites entreprises pour libérer les énergies et créer de
l'emploi et de la richesse, a poursuivi le ministre.
Aufait