Climat des affaires : L’accès au crédit toujours difficile
26.01.2012
• Le renchérissement de son coût, principale
cause
• Mais les investissements sont en hausse
• L'autofinancement privilégié pour
l'investissement

Les industriels privilégient l'autofinancement pour financer leurs
investissements. Le crédit bancaire n'arrive qu'en seconde place au
niveau des modalités de financement envisagées dans
l'industrie.
Si le climat des affaires est jugé globalement bon, au terme de
2011, son solde d'opinion baisse néanmoins de 6 points d'un
trimestre à l'autre. C'est, en substance, ce qui ressort de la
dernière enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib. Les patrons
d'entreprises industrielles sondés par BAM sont donc à 18%
convaincus de la bonne marche des affaires contre 15% qui
considèrent le climat des affaires médiocre (principalement les
industries chimie/parachimie). En revanche, pas moins de 68%
d'entre eux le jugent moyen. La tendance devrait se poursuivre
durant le prochain trimestre. «Les industriels, dans l'ensemble,
anticipent une amélioration du climat des affaires», indique
BAM.
Au niveau des conditions de production, 92% des entreprises ont
estimé que l'approvisionnement était normal durant le quatrième
trimestre 2011, contre seulement 6% qui l'ont jugé facile, soit un
solde d'opinion de 4%. Idem pour le niveau des stocks de matières
premières. «Le niveau des stocks détenus par les entreprises est
considéré supérieur à la normale d'un trimestre à l'autre»,
explique BAM.
Sur le plan de l'effectif, il a accusé une baisse d'un trimestre à
l'autre à l'exception de celui des industries
agroalimentaires.
Côté climat social, 96% des entreprises enquêtées l'ont qualifié
de calme contre 4% pour qui il est tendu.
Pour ce qui est du coût de production, il progresse dans
l'ensemble des branches avec un solde d'opinion de 45%, en hausse
de 18 points d'un trimestre à l'autre. Par composante, la hausse
des coûts unitaires de production «a été attribuée principalement
au renchérissement des matières premières non énergétiques et aux
coûts financiers avec des soldes d'opinion respectifs de 48 et
44%».
Pour les chefs d'entreprises, les entraves au développement de la
production sont imputables «à la faiblesse de la demande et
l'accentuation de la concurrence». Les difficultés de financement
font également partie de ces entraves. Justement, la situation de
trésorerie au cours du quatrième trimestre 2011 présente un solde
d'opinion négatif de 13%. Les principaux concernés sont les
industries électriques et électroniques. Les charges non
financières et les difficultés de recouvrement ont essentiellement
affecté les trésoreries des industriels.
Sur le plan des investissements, ils se sont inscrits en hausse
d'un trimestre à l'autre avec un solde de 7% à très court terme.
Les industriels anticipent globalement la poursuite de la hausse
des investissements avec un solde de 7%. En revanche, la structure
du financement des investissements envisagés à court terme montre
une prédominance de l'autofinancement avec 46% du montant investi,
suivi du crédit bancaire avec 38% et du crédit bail avec 15%.
L'augmentation de capital vient en dernière place avec 1%. Et pour
cause, l'accès au financement bancaire est resté difficile au cours
du quatrième trimestre 2011 avec un solde d'opinion négatif de 24%.
D'ailleurs, les industriels sondés estiment qu'au cours du 4e
trimestre, le coût de crédit a augmenté dans l'ensemble des
branches.
L'Economiste